Pourquoi l’idée de vivre ensemble nous obsède

Pour certaines personnes, comme moi, l’idée d’un mode de vie en communauté intentionnelle est fascinante… pour ne pas dire obsédante.

Pourtant, c’est quand même bien documenté que les projets de communauté intentionnelle, souvent, très souvent, ça ne fonctionne pas.

Même que, des fois, on pourrait croire que c’est carrément impossible de vivre ensemble à long terme.

Les écovillages et habitats participatifs qui fonctionnent en ce moment sont peut-être juste des anomalies de la nature humaine qui vont finir tôt ou tard par s’éteindre.

Malgré ça, je reste très intéressé et motivé par l’idée de vivre en communauté, et je sais qu’il y a d’autres personnes qui le sont aussi.

C’est quoi le truc qui nous allume et nous passionne autant dans cette idée de vivre ensemble ?

Je pense qu’on voit bien les limites de notre mode de vie actuel.

On voit bien que nos activités humaines ont un impact sur les écosystèmes naturels. Que ce soit avec la crise climatique, la pollution plastique, les produits toxiques dans les rivières, la perte de la biodiversité et bien d’autres enjeux écologiques.

On voit bien que l’idée de croissance infinie dans un monde aux ressources limitées, ça ne fonctionne pas et que notre système économique est boosté aux énergies fossiles comme s’il sniffait de la cocaïne depuis 100 ans. Un jour, il va y avoir un lendemain de veille.

On voit bien qu’on ne pourra pas vivre encore plusieurs générations de cette façon.

On voit bien qu’il y a encore des injustices et des grands écarts de privilèges, qu’il reste encore une bonne partie de la population mondiale qui peine à avoir assez d’eau et de nourriture, que les gens ont de la difficulté à se loger, que beaucoup souffrent de solitude, qu’il y a une espèce de quête de sens à laquelle on n’arrive pas trop à trouver de réponse.

On voit bien qu’il y a encore des conflits armés et des guerres dans le monde. C’est même une tendance à la hausse.

C’est à se demander si la bombe atomique est la seule raison pourquoi il n’y a pas eu de troisième guerre mondiale. On aurait probablement continué à se taper sur la gueule sans la conviction qu’on allait tout détruire.

Et dans tout ce que j’ai nommé, je crois qu’il y a une dualité.

D’un côté, on veut bien vivre et continuer à essayer de respecter les droits de l’humain et les libertés individuelles, et à vivre confortablement matériellement. De l’autre côté, on veut que notre espèce survive, et le mode de vie actuel garantit presque l’extinction humaine.

Mais on n’est pas prêt à retourner dans une dictature ou une monarchie, ou bien à amorcer une décroissance économique parce que ça va venir brimer notre habileté à « bien vivre ».

Et là, on peut se poser la question : est-ce qu’on arrive vraiment à bien vivre ? Est-ce que toi qui as le privilège de vivre en Occident, est-ce que tu apprécies ta vie ?

Est-ce que la conception de la quête du bonheur telle qu’on la connaît, issue des premières révolutions démocratiques et basée sur le confort matériel et les choix individuels… est-ce qu’elle nous amène à vivre une vie qu’on apprécie ?

Est-ce que ce n’est pas cette conception de la vie qui nous amène à cette dualité entre vivre et survivre ?

Je suis fasciné par vivre en communauté parce que ça offre un espace pour rêver à un monde où c’est possible de bien vivre maintenant et de faire survivre l’espèce humaine à long terme.

Les communautés intentionnelles nous donnent l’espoir qu’on peut régler ces crises sociales, écologiques, économiques et culturelles pour arriver à quelque chose d’inédit, de nouveau.

On sait instinctivement qu’il y a un autre mode de vie possible.

On voit comment on pourrait se comporter différemment avec les autres humains, avec les animaux, avec les écosystèmes naturels.

Dans un monde où tout est possible, un mode de vie collectif, c’est faisable.

Mais on ne sait pas exactement comment s’y rendre. Et c’est peut-être une illusion. Peut-être que la nature humaine est trop forte et qu’on se la raconte un peu par rapport à notre habileté consciente à la faire évoluer.

Ça va peut-être toujours rester juste du rêve.

Mais même si c’était juste du rêve et qu’on n’y arriverait jamais, je préfère continuer à essayer.

Parce que, sans ça, la vie n’a aucun sens.


Posted

in

, ,

by

Comments

Laisser un commentaire