Qu’est-ce qu’un écovillage ?

Ah, mais c’est facile, un écovillage, le mot le dit : c’est un village… qui est écologique.

Il y a des bâtiments durables, de l’agriculture biologique et de l’énergie renouvelable. C’est tellement beau et tellement idéal et tellement loin dans le futur…

En fait, plusieurs écovillages existent déjà à travers le monde en ce moment même. L’image et l’idée qu’on s’en fait sont un peu différentes de la réalité. 

Oui, les technologies vertes, la résilience alimentaire, le partage de ressources et la régénération des écosystèmes font partie du concept, mais ce n’est qu’un seul des quatre volets de la régénération qui guide le mouvement des écovillages, il y en a trois autres. 

On va découvrir ensemble qu’est-ce qu’un écovillage, dans son entièreté.

Pour ce faire, je me base sur le travail du Global Ecovillage Network et sur mon expérience personnelle d’environ 20 ans de vie dans une communauté intentionnelle qui utilise le terme
« écovillage » pour se définir. 

Vidéo « Qu’est-ce qu’un Écovillage ? » (7:18 min)

RÉGÉNÉRATION SOCIALE

D’abord, le premier volet, on va parler de régénération sociale. Au niveau humain, les écovillages essaient de cultiver, d’un côté, la diversité et, d’un autre, la cohésion, en même temps. 

Non seulement la diversité culturelle, mais aussi tout ce qui est façon de pensée, de voir le monde ou diversité de croyances. On va essayer d’aller au-delà de l’idée qu’il faut tous être pareil pour bien s’entendre et être capable de collaborer ensemble. 

Ensuite, les écovillages cherchent à renforcer le leadership collaboratif et la prise de décision participative afin d’y inclure tout le monde. Des nouveaux systèmes de gouvernance sont testés en alternative à la démocratie représentative et aux hiérarchies organisationnelles qui, de nos jours, sont prédominantes dans presque toutes les entreprises et les gouvernements. Avoir un bon leadership veut aussi dire être capable de partager le pouvoir et savoir quand laisser la place de tête à quelqu’un d’autre.

On voudra aussi développer des institutions équitables, efficaces et responsables. Pour répondre à différents besoins de différents humains.

Un gros morceau de ce travail social est d’essayer de pratiquer la facilitation de conflits, la communication et les compétences en matière de consolidation de la paix. Je vous dirais que le conflit est le nerf de la guerre en termes de facteur humain qui compromet de nombreux projets d’écovillages. On n’a jamais appris à sainement être en conflit et comment mettre fin à un conflit sans briser la collaboration.

Ces communautés intentionnelles travaillent aussi à assurer un accès égal et pour tous les âges à l’éducation pour le développement durable et à promouvoir la santé, la guérison et le bien-être de tous.

Pour moi, tant et aussi longtemps qu’on aura pas fait des progrès significatifs dans le volet social, ça va rester quasi impossible d’avoir un impact au niveau écologique. Parce que ça nous rend incapable de collaborer et c’est en choississant de s’unir qu’on changera de paradigme.

  1. Diversité et cohésion
  2. Leadership collaboratif
  3. Institutions équitables
  4. Communication et conflit
  5. Éducation dev. durable
  6. Bien-être pour tous

RÉGÉNÉRATION ÉCONOMIQUE

Le 2e volet, c’est la régénération économique. Oui, économique. Si on veut trouver des alternatives à notre système néo-libérale de croissance infinie et de gaspillage, il faut s’y intéresser.

La plupart des écovillages vont tenter d’abord de reconstruire les concepts de richesse, de travail et de progrès. Si je te parle de richesse, tu penses certainement à de l’argent ou des possessions matérielles comme une maison, une auto, être propriétaire d’une terre ou de quelque chose qui à une valeur monétaire. Mais on pourrait aussi valoriser d’être riche en temps, ou en relations, ou en créativité ou même en spiritualité.

Les écovillageois veulent s’engager en faveur d’une production, d’une consommation et d’un commerce responsables. De plus, on va cultiver l’entrepreneuriat social pour la régénération locale. Démarrer une entreprise demande beaucoup d’investissement et de prise de risque. Est-ce possible de justifier cette surcharge de travail pour obtenir autre chose que du profit ? Hummmm.

Dans un écovillage, on voudra accroître la justice économique grâce au partage et à la collaboration. J’ai pas besoin de vous dire qu’il y a de grands écarts de richesse monétaire entre les individus dans notre société capitaliste contemporaine et que ça cause des problèmes dans notre quête de durabilité environnementale.

Aussi, on essaiera d’assurer un accès équitable à la terre et aux ressources en plus d’utiliser des banques et des devises qui renforcent les communautés. Monnaies locales alternatives, échanges de temps, troc, etc.

  1. Concept richesse
  2. Commerce responsable
  3. Entrepreneuriat social
  4. Justice économique
  5. Accès à la terre
  6. Monnaies alternatives

RÉGÉNÉRATION CULTURELLE

Le 3e volet de la régénération est culturel. Vivre en écovillage, c’est clarifier sa vision et son but supérieur. Qu’est-ce qui est plus grand que moi ? Qu’est-ce qui va rester de mon travail quand ma vie personnelle sera finie ? Dans quoi est-ce que je veux investir mon temps et mon énergie ? Pas obligé de toucher à des croyances spirituelles ou surnaturelles, mais ça pourrait.

On va aussi, cultiver la pleine conscience et l’autoréflexion. Faire de la méditation, oui. Vivre le moment présent, oui, mais être capable de se remettre en question, de se voir du point de vue des autres et désirer travailler à personnellement s’améliorer dans toutes les facettes de sa vie afin d’être capable de s’adapter à chaque personne et chaque situation. 

Les écovillages voudront enrichir la vie avec l’art et la célébration pour fortifier les liens entre les gens en plus d’honorer la sagesse autochtone et accueillir l’innovation positive.

On voudra s’engager activement pour protéger les communautés et la nature.
Et reconnecter à la nature et adopter des modes de vie à faible impact. Avec les avancées technologiques des deux cents dernières années, on a développé une croyance que l’humain et les écosystèmes naturels sont séparés. Il y a tout un travail de reconnexion à faire. 

RÉGÉNÉRATION ÉCOLOGIQUE

Le 4e volet est écologique, tu en entends déjà sûrement beaucoup parlé. 

L’écovillage veut préserver les semences, cultiver sa nourriture et régénérer les sols.

En plus de nettoyer et reconstituer les sources et les cycles de l’eau.

Atteindre 100 % d’énergies renouvelables.

Innover et diffuser les technologies de construction écologique.

Travailler avec les déchets en tant que ressource précieuse.

Augmenter la biodiversité et restaurer les écosystèmes.

Il existe déjà beaucoup de contenu à propos de ces sujets et j’ai pas grand chose à ajouter.

C’est bien important de nommer qu’aucun écovillage n’est parfait et qu’aucun ne vise à atteindre, en même temps, tous ces objectifs. Tous les écovillages sont différents les uns des autres, mais le réseautage entre ceux-ci a permis d’identifier tout ça comme étant les différents objectifs qui définissent les écovillages à travers le monde. 

Si le mouvement des écovillage t’intéresse, tu peux visiter le site web ecovillage.org 

Aussi, j’anime un podcast qui s’appelle Histoires D’ÉcoCommunautés qui explore différents écovillages au Québec. Je mets aussi ce lien dans la description. 

Cette chaîne Youtube est dédiée à Découvrir, Créer, Joindre, Vivre et Étudier les communautés intentionnelles sous toutes leurs formes incluant les écovillages. Tu peux t’y inscrire si tu partage cet intérêt. 

Ciao bye ! À la prochaine.


Posted

in

,

by

Comments

Laisser un commentaire