Témoignage d’immersion

📷 crédit photo : Cabeto Zambrano

Beaucoup de gens rêvent d’une vie collective. Vivre ensemble, partager, s’entraider. Plusieurs n’y arrivent pas.

Je regardais récemment cette entrevue du FIC avec Whole Village, The Farm et GaiaYoga Gardens. Toutes ces communautés sont à la recherche de nouveaux membres et la discussion est devenu très authentique quand ils ont parlé d’à quel point c’est difficile de trouver des gens qui restent.

Parmis les personnes qui essayaient la vie avec ces trois communautés, peu restent à long terme. Surement qu’après avoir essayé durant quelques semaines, mois ou années, ayant réalisé l’ampleur du revers de la médaille, la plupart passe à autre chose.

Ce qui est ben correct !

Je le dis souvent, la vie en écocommunauté n’est pas faite pour tout le monde. Dans un monde construit sur la propriété de l’individu, nos habitudes, nos réflexes, nos façons de faire et notre culture ne permettent pas facilement de vivre autrement.

Don’t get me wrong, tout le monde a le potentiel de vivre ensemble. De la même façon que tout le monde a le potentiel de courir un marathon (ok, excluant certaines personnes ayant un handicap), mais ce n’est pas tout le monde (incluant moi) qui va avoir l’assiduité, la volonté, la motivation et la persévérance de s’exercer à courir régulièrement pour développer la capacité cardio-vasculaire nécessaire à courir sur cette longue distance.

Dans cette analogie, le marathon, c’est vivre ensemble. S’exercer à courir ou faire du cardio, c’est le cheminement individuel. Pour arriver à vivre en groupe, il faut pratiquer ce cheminement personnel.

Ce qui est magique ici, c’est que le cheminement individuel est complètement différent d’une personne à l’autre. Mon cheminement est différent du tien, et le tien est différent des autres. On est unique !

Y’a des gens qui sont déjà assez en forme et qui, oui, auront besoin d’un peu d’entraînement pour courir d’Athènes à Marathon, mais somme toute, ce sera assez facile d’atteindre le niveau.

D’autres (ne) sont pas pantoute en forme et s’essoufflent après une course de 10 secondes sur 50 mètres 🙋‍♂️ (moi). Y’a un gros travail de fond à faire pour y arriver. Il peut prendre différentes formes, cardio, perte de poids ou augmentation de la capacité respiratoire.

C’est la même chose pour vivre en communauté. Certains auront quelques petits ajustements à faire. D’autres devront creuser profondément dans leurs traumas pour faire les changements nécessaires à collaborer en harmonie avec les autres. Et ça sera difficile. Voire quasi impossible.

Je continue dans mon image entre le marathon et la vie en écocommunauté, mais soyons clair, si vous êtes suffisamment en santé, si avez assez d’énergie au quotidien et que vous êtes assez bien dans votre corps pour que ça n’affecte pas votre humeur, votre forme physique n’a rien à voir avec votre capacité à vivre en groupe.

Le cheminement personnel commence obligatoirement lorsqu’on joint un projet ou qu’on en démarre un. Rapidement les défis liés au facteur humain se font ressentir.

Mon cheminement à moi, il est bien là et je le regarde à tous les jours dans le quotidien de la vie collective. Il (ne) finira jamais. Il y aura toujours quelque chose à travailler… à améliorer.

L’an dernier, j’ai participé à une des cinq journées d’immersion en écocommunauté organisée par Steph. Je donnais un atelier sur le partage de ressources le matin et je suis resté en après-midi pour participer à un forum de zegg.

Je peux clairement identifier ce moment comme étant un jalon de mon développement personnel. Y’a un avant et un après. Je suis bien content que la vie m’ait amené là.

Si ma situation familiale me le permet (petite et grande familles), j’aimerais, un jour faire les 5 jours d’une immersion. Question de voir où ça me mène.

J’me dis aussi que, si je n’habitait pas déjà en communauté, ça serait une bonne place pour commencer ce cheminement d’avance, en prévision de vivre dans un projet écocommunautaire un jour. Question de me pratiquer à courir des petites distances avant d’essayer de courir 42,195km sans m’arrêter.

Il y a deux immersions de prévues cette année (2023). Profites-en pour commencer ta pratique de marathon.


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