02 ~ Le Manoir

Dans ce deuxième épisode, Vincent (aka Tchenzo) nous raconte son histoire et celle de sa communauté « Le Manoir », à partir du comité environnement au CÉGEP d’Ahuntsic jusqu’à la fondation de la première communauté intentionnelle égalitaire à partage de revenu du Québec. On parle des différentes étapes qui ont mené à la création de ce collectif, de partage de revenu, de sociofinancement pour un prêt solidaire, de décision anarchique versus collective, de mode de vie qui a du sens, de processus d’intégration, propriété collective d’un terrain, de vivre ensemble pour réduire son empreinte environnementale et de l’importance de documenter nos expérimentations collectives.

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Transcription

Ugo: je pense que c’est en visitant votre site Vincent, que j’ai vu « un mode de vie qui a du sens ». Je me suis dit, c’est vraiment ça pour moi, être ici dans la collectivité, ça donne vraiment un sens. Mais ce n’est pas un but à atteindre. C’est vraiment comme une direction dans laquelle tu vas, puis contribuer avec quelque chose qui est plus grand que moi. Ça résonne beaucoup avec moi.

Bonjour et bienvenue à ce deuxième épisode d’histoires d’éco-communautés à travers ce balado au on parle à différents acteurs du mouvement éco-communautaire québécois. Des gens qui gravitent autour ou qui habitent dans des écovillages, des écohameaux, des cohabitats, des communautés intentionnelles au Québec. Chaque communauté a son histoire et tous les gens qui y vivent ont aussi leur histoire. Et c’est ça que je propose qu’on découvre ensemble. 

Donc mon nom est Ugo. Et aujourd’hui, on va parler à Stéphanie qui est de retour pour collaborer à l’animation. Allô Stéphanie !

Stéphanie: Allô 

Ugo: Ça va bien ?

Stéphanie: Oui, toi ?

Ugo: Oui oui, ça va bien. Et on a la chance d’avoir aussi avec nous Vincent de la communauté intentionnelle, Le manoir. Bonjour Vincent ! 

Vincent: Yééé allô Ugo, allô Stéphanie !

Ugo: Yes, comment tu vas ?

Vincent: Ça va bien, mais j’étais un peu nerveux d’une entrevue comme ça. C’est un bon stress. 

Ugo: Vois-le un peu comme une discussion. On prend le temps de respirer, c’est plus une discussion où on va parler de plein de choses cool que je suis sur qui t’intéresse.

Vincent: Ah c’est bon ça.

Ugo:  Donc avant qu’on commence, j’aimerais qu’on fasse un petit tour de table pour se dire avec quelle énergie et comment on arrive, comment on se sent, ce qui est un check-in. Stéphanie peux-tu commencer le check-in 

Stéphanie: Oui, je peux commencer. Moi j’arrive avec de l’enthousiasme pour ce deuxième podcast-là. Je sais que quelques personnes qui ont écouté le premier, bonjour à tous les auditeurs !

Et je suis aussi, j’arrive avec de la curiosité, de découvrir l’histoire de Vincent, puis en savoir un peu plus sur le manoir dont j’ai entendu parler entre les branches et toi. Et toi Vincent, avec quoi arrives-tu ? 

Vincent: Je me sens privilégié que vous vous intéressiez à mon histoire, puis à celle de la communauté et de pouvoir en parler.

Ça fait, ça fait longtemps que je réfléchis à la communauté, parce que c’est plein de réflexions qu’on a pendant cette expérience. J’ai un peu la tête pleine. En même temps, on va y aller, comme dit Ugo, un sujet à la fois dans la discussion. 

Ugo: Cool. Et puis moi, je me sens excité. J’ai bien dormi, j’ai regardé Pat’Patrouille ce matin. Ça fait longtemps que je l’imagine cet épisode-là, parce que, comme je le disais tantôt, ça fait à peu près deux ans que je pense à ce podcast-là. Puis ça fait à peu près sept ou huit ans que je suis le développement du manoir. J’ai quand même vu un petit peu se développer à distance.

Mais je suis content de pouvoir peaufiner ma connaissance de tout ça aujourd’hui avec toi. Avant de faire l’histoire de la communauté « Le Manoir », communautés intentionnelles à partage de revenus et j’aimerais qu’on en apprennent plus sur Vincent Blouin. Il y a certainement l’histoire de la communauté, mais il y a certainement ton histoire personnelle à toi aussi. Probablement que les deux s’entrecroisent puis ils vont ensemble, mais on commencerait par Vincent. Puis je vais laisser Stéphanie commencer avec les questions. 

Stéphanie: Donc notre première question, ce serait simplement dire ton nom complet, ton âge si tu le souhaites et où est ce que tu habites ?

Vincent: Mon nom, c’est Vincent Blouin. Mon surnom, c’est « Tchenzo » vous pouvez m’appeler « Tchenzo ». J’ai trente huit ans, je suis le doyen de la communauté, on va dire.

Et puis j’habite à Paspébiac que dans la communauté Le manoir. Paspébiac, c’est dans la baie des chaleurs, c’est un peu à l’est de Bonaventure qui est un peu plus que nous. 

Stéphanie: Et puis est ce que c’est dans cette région que tu as grandi?

Vincent: Non, j’ai grandi dans la banlieue de Montréal, à Chambly.

Stéphanie: C’est quoi ton lien avec les éco-communautés ? 

Vincent: Oui, moi, je suis comme un membre fondateur, admettons. Mais c’est à la base. C’était plutôt ma conjointe, Arielle, puis notre amie Audrey, qui étaient plus motivées par les communautés. C’est sûr qu’avec le temps, j’ai appris. Moi aussi, je me suis approprié les communautés.

Puis je me suis intégré, ça fait sept maintenant que j’habite au Manoir. Après ça, c’est sûr que nous, on s’est rencontrés dans le comité environnement au Cégep Ahuntsic. Et puis c’est sûr que c’était. J’avais déjà un peu les enjeux environnementaux et sociaux qui me tenaient à cœur. Un genre d’envie d’avoir plus de sens dans ma vie, de participer, de moins participé, en tout cas, aux problèmes que la société engendre. C’est ça mon lien. Avec les éco-communautés. 

Stéphanie: Ça fait un peu le lien avec ton histoire puis comment tu en es venu à t’intéresser aux éco-communautés. Je me demandais si, après avoir commencé à explorer ça t’avait fait un genre de tournée, d’écovillages, est-ce que tu as visité d’autres éco-communautés ?

Vincent: Ouais, c’est quand j’étais à l’université, j’avais fait un stage à Montréal, puis là, j’avais habité à la « Coop sur Généreux ». C’est sûr que j’avais aussi fait quelques colocation avant, mais la « Coop sur Généreux » était vraiment une place où il y avait comme une envie de comme d’être une éco-communauté, même si c’était souvent plutôt plus une place de party finalement.

Mais mettons que les idées étaient là, c’est juste que ça s’incarnait pas toujours de façon vraiment concrète. Mais il y avait, c’était une grosse colloques, avec des tours de repas aussi, puis des réunions, puis on faisait du dumpster diving, puis c’était vraiment stimulant. Puis comme plein d’échanges sociaux avec du monde qui pensent un peu pareil, c’était la première expérience, vraiment plus que ce que je peux qualifier d’éco-communauté. 

Stéphanie: Ça existe tu encore la « Coop sur Généreux ». Il me semble que  non.

Vincent: Oui, non, ça a existé longtemps. Je sais pas, plus que dix ans mettons, mais ça a fermé parce que le propriétaire, Hugo Latulippe, je pense que c’est arrivé, c’était juste à côté du Latulippe… 

Stéphanie: Ah les Hugos !

Ugo: Est-ce que c’est Hugo avec un « h » parce que moi y’a pas. 

Vincent: Oui c’est ça. Non, mais je pense que c’est une personne gentille quand même Hugo là. Je ne sais pas trop exactement les détails de tout cela. Il était gentil, en tout cas. Il était gentil, je trouve, longtemps de laisser cette gangue habiter la place, puis en faire plein de choses. On a fait plein de choses à l’intérieur. Des murs en argile. En tout cas, il était quand même très tolérant. Par contre, ça a un peu mal fini, où est ce qu’il a fallu qu’il mette le monde dehors. Ça n’a peut-être pas toujours été rose à la fin, mais je ne suis peut-être pas la meilleure personne pour vous dire comment ça s’est passé. Mais c’était pendant longtemps, il y a eu beaucoup d’activités, d’effervescence dans ce lieu-là. 

Ugo: T’as vécu de quelle année à quelle année à la « Coop sur Généreux » ? 

Vincent: J’ai étudié à Sherbrooke fait que c’était juste un stage de quatre mois. Ça devait être en deux mille neuf (2009), deux mille dix (2010). 

Stéphanie: Puis est-ce que t’as visité d’autres éco-communautés ? 

Vincent: Oui, comme « Cohabitat Québec » au début, quand c’était pas encore construit et on va visiter aussi après quand s’était construit. C’est intéressant comme lieu aussi. Puis c’est bien organiser tout ça. Puis sinon allez faire un tour à « Twin Oaks », pendant deux semaines ça n’a pas tellement été long. Et puis après ça, oui, à Saint Louis, le CESA. Et puis Là-bas, il y a aussi une grange qui a été réaménagée pour avoir des bureaux, des espaces de cuisine puis sûrement que j’en oublie un peu.

Je suis pas la personne qui a visité le plus de place mais en même temps c’est ça il y a eu de l’inter-collectif de l’est, comme que je vous ai parlé, où on est en lien avec des communautés qui sont surtout entre Matapédia puis Gaspé. Fait que ça fait pas mal autour de ce que j’ai visité?

Stéphanie: Bon, merci ma prochaine question. J’aime beaucoup celle-là parce qu’on a tous des réponses différentes. C’est dans tes mots, ce serait quoi une éco-communauté? 

Vincent: Une éco-communauté. Je ne sais pas si le terme est récent. Je me demande si, comme dans les années soixante dix ou l’environnement était moins populaire, s’ils s’appelaient eux-mêmes des éco-communautés.

Mais on dirait que c’est, moi la façon je vois ça, c’est ça. Il y a beaucoup de jeunes, surtout ceux qui s’intéressent à l’environnement. C’est la génération no future. Maintenant, pour moi, c’était en tout cas, nous autres, c’était vraiment surtout pour l’environnement qu’on s’est dit, mais la meilleure façon d’avoir une alternative ou de diminuer notre empreinte c’est de partager les choses dans le fond.

Partager, c’est vivre ensemble, partager la laveuse, sécheuse, partager l’espace aussi. Puis en plus de tous nos objets, pour réduire notre empreinte. Fait que, pour moi, c’est ça ma définition d’éco-communautés. 

Stéphanie: Génial. Et puis en ce moment, tu habites au manoir, ça fait combien d’années?

Vincent: Ça fait sept ans, mais ça va sept ans en automne. Il y a là dedans, il y a un an, où j’ai pris une sabbatique fait que… c’est ça.

Stéphanie: Puis si tu n’étais pas au Manoir, où est-ce que tu penses que tu vivrais? Est ce que tu vivrais dans en société « normale » ? 

Vincent: Je serai sûrement capable, je sais pas. C’est sûr que c’est dur d’imaginer. Ça fait aussi longtemps que je vis en communauté, mais j’imagine que… Par contre, je pense à ma sabbatique où est-ce que je suis un peu retourné vivre de façon normale. Je trouve qu’on peut être vraiment bien à vivre tout seul ou en couple parce que, c’est sûr, c’est moins de défi tout ça, mais c’est pas mal, plus relaxant. Puis ça peut être même plus léger et joyeux, mais en même temps, c’est sûr qu’à un moment donné, si on veut aussi, je veux dire moi, je veux avoir plus de sens dans ma vie.

Tout ça fait que vivre en communauté… Bien dès que je fais n’importe quoi, je le fais pour plusieurs personnes. Juste ça, ça fait plus de sens à chaque action au quotidien. Je vois Ugo qui approuve ce que je dis. 

Ugo: J’approuve parce que quand les gens me demandent pourquoi revenu ici, c’est parce que j’ai quitté dans plus jeune, plus jeune adulte.

Je suis revenu ici à vingt-cinq ans. J’ai pris longtemps avant de mettre le doigt dessus. Je disais tout le temps : bof, avoir ma maison à moi, ça ne m’intéresse pas. Avoir un travail bien rémunéré, ça ne m’intéresse pas. Qui sont souvent les motivations de vie de plusieurs personnes dans la société, entre guillemets normales.

Je parlais tout le temps, comme en négatif, de ce que moi je n’aime pas dans la société ou ce qui ne m’intéressait pas. Je comprends pourquoi les gens ça les intéressent. Moi, ça ne m’intéresse pas. Et puis je pense que c’est en visitant votre site, Vincent. Ce que j’ai vu comme « un mode de vie qui a du sens », c’est comme c’est vraiment ça.

Pour moi, être ici dans la collectivité, ça donne vraiment un sens. Je ne me ferais pas nécessairement un bon repas à tous les soirs. Je passerai pas nécessairement du temps à me cuisiner, mais quand on est plusieurs personnes, mais c’est beaucoup plus motivant de faire quelque chose.

Mais je ne ferai pas des montages vidéo de bye bye, de revues de l’année, pour moi même, mais j’aime vraiment les faire pour la collectivité. C’est quand je mets ma créativité au service de la communauté, ça donne vraiment un sens. Puis sens, c’est vraiment le bon mot. En anglais, c’est « purpose », mais ce n’est pas un but à atteindre.

C’est vraiment comme une direction dans laquelle tu vas, puis de contribuer à quelque chose qui est plus grand que moi. Fait que ça, ça résonne beaucoup avec moi. 

Vincent: J’ajouterais que si quelqu’un, une personne, cherchait à faire ce qu’elle veut, quand elle veut. Être libre d’avoir la paix, d’avoir une petite vie simple tout ça, c’est sûr que ne pas vivre en collectivité, c’est sûrement plus optimal pour ça.

Mais après ça, si la personne ne cherche à avoir plus de sens dans sa vie, vivre en collectivité, c’est plus facile. 

Stéphanie: Oui et puis en plus, ça rejoint ce que vous dites parce que moi j’ai passé deux ans au « Cohabitat Mont Otis ». Puis là, je suis plus dans un format de vie conventionnelle, malgré que je suis, quand même, dans ma mini maison à l’année, puis dans un camping.

Mais il y a quand même l’esprit de communauté, des fois qu’on peut retrouver à l’extérieur d’un collectif ou d’un cohabitat. Puis, moi c’est ça que je retrouve ici, au camping. Je trouve ça le fun parce que, même s’ils ne sont pas tous des gens qui ont des valeurs écologiques, il y a beaucoup d’entraide entre nous. Il y en a qui vont chercher le courrier pour tout le monde à l’accueil, même porter des poubelles et on se prête des outils.

Euh, on fait des barbecues. Ça vient combler, quand même, un peu, mon besoin de communauté. Mais, pour ce qui est, comme vous, le sens que ça ajoute. Moi je le retrouve dans ma solitude, mais aussi avec mes collaborations avec « Vivant », le groupe avec qui j’organise des événements. On dirait que là, c’est plus dans ma vie professionnelle que le sens de ma vie se trouve.

Je trouve quand même satisfaisant parce que honnêtement, je j’avais comme, un peu, un genre d’épuisement, de me tourner toujours vers le collectif. Puis j’ai tendance à faire ça dans mes relations, naturellement, puis m’oublié. Là, c’est comme je me suis tourné vers moi. Je suis aligné vers ce que j’ai envie pour vrai, puis ça me fait du bien.

Je te comprends d’avoir peut être voulu faire une année sabbatique en dehors du collectif pour justement, des fois retrouvés notre individualité 

Ugo: Vincent. Est ce que l’année sabbatique était comme une espèce de forme que tous les gens qui ont commencé au manoir ont fait à un moment donné? 

Vincent: Ouais, ouais, ça fait partie en tous cas de nos ententes qu’après trois ans on peut prendre une année sabbatique, puis revenir après.

C’est sûr qu’à ce moment-là, Arielle puis moi, on ne pensait pas nécessairement revenir à cette époque-là. Parce que, on réalisait qu’il y avait, peut-être, deux visions divergentes, un peu irréconciliables à cette époque-là, qui avait dans dans la communauté. Mais là, je pense que pendant cette année sabbatique, il y a peut-être des gens qui portaient cette vision-là qui sont partis. 

Après ça, ceux qui restaient nous ont demandé de revenir. Puis là, à ce moment-là, Arielle puis moi, on est revenu, mais en condition de s’entendre sur une vision plus collectiviste de l’anarchisme. Je sais pas, peut-être que vous ne suivez pas là, mais je peux faire une parenthèse.

C’est juste que souvent dans les communautés, il y a souvent cet enjeu-là. Genre la vision anarchiste individualiste. Où est-ce que c’est plus comme, si admettons tu fais quelque chose, tu as plus de liberté sur comment tu le fais, puis etc. Tandis que collectiviste, c’est plus comme on se consulte ensemble et après ça, on décide de quoi faire.

Puis ces visions-là cohabitent mal ensemble, fait que souvent c’est bon de s’aligner sur une ou l’autre. C’est comme un enjeu. Je sais pas si vous aviez connaissance de ça ?

Ugo: Oui, ben c’est comme, do-ocratie versus on va se consulter. Et puis après ça, même s’il y a une personne qui lead projet, qui a plus de décisions à faire au jour le jour dedans, elle consulte, quand même, plus le groupe 

Vincent: Ouais, c’est ça.

Stéphanie: Ouais, mais des fois, un peu comme en sociocratie. Il y a des décisions d’orientation, il y a des décisions d’exécution. Puis quand c’est pas clair, entre les deux, on se met à ne pas s’entendre collectivement pour l’orientation. Fait que là, dans l’exécution, même si on veut donner de la liberté, ça peut être plus compliqué. Fait que finalement, on resserre un peu la visse autour de l’exécution, puis on se met à s’obstiner sur : comment on coupe les carottes pour la soupe? 

Vincent: Ouais… non, c’est ça. Mais souvent, moi en tout cas, c’est plus : si tu penses que ça dérange quelqu’un ou que la personne que tu penses que quelqu’un d’autre dans la communauté qui aimerait être informée ou consultée. Ben c’est peut être le signe qu’il faudrait que tu en parles. C’est ça mon guide line personnel par rapport consultez ou juste faire. Parce que c’est sûr que trop consulter, ça peut être vraiment lourd. 

Ugo: Il faut trouver la balance. 

Vincent: Oui. 

Stéphanie: Ce serait quoi ta plus grande joie dans la vie en communauté? Ça serait quoi ton plus grand défi?

Vincent: Ouais ouais, c’est sûr qu’en gros comme on parlait avec Ugo, c’est le sens que ça donne. Mais Sinon, je dirais aussi c’est au niveau de l’apprentissage. Comme je trouve que j’apprends beaucoup à vivre avec les autres dans la communauté. Puis, aussi même, parce que souvent dans la communauté, admettons que t’a un projet à faire, il faut comme tu le monte souvent, un genre de mini plan d’affaires, on va dire. Il faut que tu le présente aux autres. Il faut que tu sois un peu organisé tout ça. 

Et puis aussi, on est, vu qu’on fait moins de salariat, on fait plus d’heures de travail dans la communauté, on développe notre sens de l’entrepreneuriat, un peu. Apprendre à faire de la comptabilité, aussi se discipliner soi-même, pour être autonome. Ne pas avoir à attendre après les instructions de son boss ou eh… 

J’aime un peu les défis. Puis je trouve que ça amène beaucoup de développement de soi pour être une meilleure personne. On va dire en société, autant au niveau relationnel qu’au niveau de l’initiative. 

Stéphanie: En fait, ta plus grande joie, c’est les défis de la communauté !? 

Vincent: Oui, c’est ça. Mais le défi, c’est sûrement là. Oui, ok, oui, le défi, c’est sûrement un peu aussi la joie. C’est après ça que, souvent, je vais dire que le plus grand défi, c’est, un peu, de politiser sa vie au quotidien. Parce que, nous on est à partage de revenu. On a des ententes quand même claires. Mais, des fois, il faut présenter un projet. Si tu veux faire quelque chose que,si tu habitais tout seul, tu ferais juste le faire, justement, puis t’aurais pas besoin d’en parler et de présenter le projet aux autres.

Mais là tu habites ensemble, tu peux pas juste prendre de l’argent pour faire de quoi? Ou juste  mettre quelque chose sur le terrain que tout le monde, va vivre avec. Fait qu’il faut présenter tes idées. Puis, tu peux t’exposer, à ce moment-là, à un refus. Et puis ça, c’est un apprentissage qui peut être difficile.

Et puis sinon, si je peux rajouter un autre défi. Il faut vraiment prendre soin de nos relations. Si admettons, que tu sens qu’il y a quelque chose qui ne va pas avec quelqu’un, je pense qu’il faut pas trop attendre. Parce que ça, ça pourri les… Il y a une petite tension, un tabou, un petit non-dit avec quelqu’un qui est pas adressé ça, ça, ça…

La graine a germé en grosses mauvaises herbes. Qui va être plus dur, a arraché après… du chiendent.

Ugo: Des pissenlits cool. Merci. Ça clôt un peu la portion de l’histoire de Vincent. Puis, avant qu’on commence l’histoire, plus de la communauté du manoir, Je vais dire un petit peu ma perception de ce qu’à été le projet depuis que je l’ai vu. 

Fait qu’en deux mille quatorze (2014), je pense. Puis j’ai même réussi à retrouver l’événement Facebook. C’était le quinze novembre deux mille quatorze. 

Vincent: Je ne savais même pas que Facebook existait à cette époque-là. 

Ugo: Il y a eu un événement qui s’appelait Conférence-Discussion : Les communautés intentionnelles, faite que, moi, je l’avais pas vu. C’est ma sœur qui est venue me voir. Puis elle m’a dit, tout bonnement, qu’il y a une conférence sur les communautés intentionnelles, à Victo(riaville). Comme si à Victo(riaville), il y avait régulièrement des conférences sur les communautés intentionnelles, alors que c’est probablement la première fois et la seule fois qu’il y en a eu une dans l’histoire. 

On va là. On est un petit café, on était ma sœur, moi, Nébesna devait être là aussi. On était trois ou quatre personnes de La Cité. Je me souviens très bien de Arielle et Audrey qui nous ont fait une présentation sur les différentes communautés qu’elles avaient visitées en deux mille dix huit (en fait c’est 2008), puis sûrement dans les années après.

Puis c’était très, très complet, c’était très intéressant. Je ne me souviens pas, par exemple, si toi, tu étais là. Je pense qu’il y avait trois personnes. Il y avait un gars, mais je ne me souviens pas si c’était toi.

Vincent: Oui, oui c’était moi qui avais. J’avais un chandail RespecTerre en plus, c’était pas. Je ne savais pas que j’allais vous rencontrer, ceux qui font ces vêtements là. Mais c’est un drôle d’adon.  

Ugo: Étais-tu différent, t’avais-tu les cheveux longs, parce que ton look était.. Je ne sais pas, j’étais comme, tu ne m’a pas marqué. Et puis je ne te reconnaissais pas visuellement après. 

Vincent: Oui, mais c’est correct, c’était plus Arielle et Audrey les stars. Moi, j’étais plus travailleurs derrière. 

Ugo: Oui, oui, mais c’est ça. C’est plus elles qui ont parlé.

C’est ça. C’est là qu’on s’est vu. Je ne sais pas si toi tu te souviens de nous autres, ça fait quand même longtemps. 

Vincent: Ouais, ben, surement, un vaste souvenir là, mais c’est sûr que je savais pas. Je ne réalisais pas que vous étiez dans un collectif ou en tout cas peut-être pas assez. 

Ugo: Oui, on était assis dans le fond, aussi, comme des mauvais élèves, alors qu’on aurait pu s’asseoir en avant. En tout cas…

Et puis là,  c’était super intéressant. Moi, j’ai trouvé ça super inspirante, puis j’ai essayé de garder le contact avec les gens qui étaient là. Puis, à ce moment-là, vous avez sûrement donné un lien pour soit une infolettre ou soit le site web du Manoir, qui était quand même déjà bien garni, à ce moment-là, c’était fin deux mille quatorze.

Et puis, en fait, c’est ça. J’ai suivi l’historique, comme un petit peu à distance sur le site web, à travers les infolettres. C’est quand vous êtes mis à vivre ensemble en deux mille quinze. Quand vous avez acheté la Terre, je pense une année plus tard. Puis, je suis toujours un peu retourné sur le site régulièrement parce que je trouve qu’il y avait vraiment du contenu intéressant et pertinent dans le contexte vie que j’ai.

C’est comme ça que j’ai vraiment gardé contact avec le Manoir. Puis aussi de temps en temps, je voyais une commande sur le site de Respecterre. C’est moi qui montais les commandes.

Vincent: Oui, puis tu glissais une petite note dans nos commandes. C’était sympathiques. 

Ugo: Puis là, je voyais une commande soit d’Arielle où toi. Je voyais Paspébiac : ok, ça doit être quelqu’un du Manoir. Puis l’an dernier, le site web a été revampé un petit peu. Puis, j’ai vu que vous faisiez la levée de fonds pour le prêt solidaire. Puis, j’ai trouvé ça super bonne idée, on parlera, mais ça m’a gardé connecté à ça.

Mais revenons à, quand moi je vous ai rencontrée. Il y avait déjà un grand cheminement de fait. Vraiment, quand est-ce, en quelle année que vous vous êtes rencontrés, toi, Arielle puis Audrey ?

Vincent: Oui c’est ça comme on était ensemble dans le comité environnement au CÉGEP …

Ugo: C’était en quelle année?

Vincent: C’était en deux mille six, mettons. Et puis je sais que Audrey lisait la revue Aube. C’était celle qui était produite par le « Mont Radar ». Puis, je pense qu’elle, Audrey, est allée visiter une communauté aux États-Unis, suite à ça. Suite à un article qu’elle avait lu sur… (dans la revue Aube). Je pense que c’était peut-être « Acorn », ou quelque chose comme ça. Et puis ça a été pour Audrey, ça a été sa première expérience en communauté. Puis, si je prends un peu d’avance, c’est en 2008, Arielle puis Audrey ont fait un tour des communautés aux États-Unis.

Les communautés à partage de revenus qui sont dans la FEC, la Fédération des Communautés Égalitaires. Et puis là, elles ont eu vraiment leur grande immersion avec les communautés intentionnelles aux États-Unis. 

Ugo: Vous étiez comme ensemble, à l’école, au CÉGEP. Puis, êtes-vous allés ensemble à l’université par la suite ? Ou c’est vraiment juste le CÉGEP ?

Vincent: Non. Après ça, c’est que, ben moi, j’avais habité justement la « Coop sur Généreux » avec Audrey pendant ces quatre mois là. Et puis c’est ça, Arielle, Audrey et moi, on était encore amis pendant ce temps-là. Puis là, elle, Audrey, elle, avait déménagé en Gaspésie après avoir fait place au jeune. 

Elle avait envie, comme de changer de pays. Finalement, aller en Gaspésie, c’était suffisant. C’était comme un autre pays un peu. 

Ugo: C’est un paysage très différent de Montréal. 

Vincent: Oui. Puis là, elle s’est fait un beau réseau d’amis. Puis, Arielle et moi, on a déménagé avec elle pendant un an, un an et demi. Et puis là, on a vécu en colocation, ça allait bien, c’était le fun.

À ce moment-là, on s’est dit : « Bon, on va juste retourner à Montréal, pendant un an et demi encore, pour finir, compléter des choses qu’on a à faire là bas. Puis après ça, on va revenir, on va habiter ensemble dans la maison d’Audrey. Et puis, on va commencer à partager nos revenus. Puis, ça va être le début de la communauté ».

Ugo: Cool. Puis, tu as étudié en quoi, toi, au CÉGEP, puis à l’université par la suite ? 

Vincent: Oui, c’est ça, j’ai fait sept ans d’études en informatique. Après avoir brisé un miroir… non c’est pas vrai !Je fais de l’informatique, j’ai pu continuer à travailler à distance, aussi, à partir de la Gaspésie. 

Ugo: Les trois vous demandiez qu’est ce qu’on peut faire pour l’environnement?

De ce que je comprends, l’élément déclencheur, ça a vraiment été la revue de Philippe Laramée,  qui a fait le « Mont Radar », après. La revue « Aube » qui a starté Audrey là-dessus. Et puis après ça, vous vous êtes dit : une bonne façon de vivre en harmonie avec l’environnement, ce serait de fonder une éco-communauté selon les inspirations qu’on a vu, surtout « Twin Oaks » et « Acorn », « East Wind »,  j’imagine, en Virginie. 

Vincent: Oui, c’est ça. Puis encore aujourd’hui, je me dis que les gens ont maintenant des maisons très isolées. Il y a des trucs qui sont plus efficaces au niveau de l’environnement, tout ça. 

Mais c’est sûr qu’il y a de plus en plus de maison, puis de plus en plus d’autos, de plus en plus de tout, parce que les gens y vivent tout seul. C’est sûr que ça me donne l’impression que de partager et de vivre ensemble, ça fait vraiment quelque chose de significatif pour réduire son empreinte, 

Ugo: Je te lis un petit extrait d’un article qui se trouve sur le site du Manoir qui se nomme « Pourquoi un nouveau projet de communauté ? » 

«…nous rêvions pour notre projet, et après l’avoir clairement écrit… il est clair pour nous depuis 2008 que nous voulons une communauté séculière à partage de revenus…»

C’est vraiment comme en deux mille huit, que le projet, l’intention du projet s’est vraiment concrétisé, que ça a été écrit ? 

Vincent: Pour moi, c’était plus clair en deux mille treize qu’elles voulaient faire, parce que c’était plus l’initiative Arielle et Audrey, qu’elles avaient vraiment décidé de vivre, de fonder une communauté.

Ugo: Peut être que c’est juste une des deux ou les deux qui l’avait écrit? Sa vision de la communauté. Puis c’est elle qui a écrit l’article?

Vincent: Ouais c’est vrai, c’est vrai qu’en deux mille huit et deux mille treize, mettons, il y a eu une couples de visite au Québec pour voir si avant de fonder, est-ce qu’on peut se joindre un projet existant.

Mais je pense que on n’avait pas vraiment trouvé de projets qui ressemblait à ce qu’on voulait faire, fait que on a fondé la communauté à la place.

Ugo: Et puis le projet prend forme comme plus en deux mille treize ? Comme tu parlais.

Vincent: Eh, en deux mille treize, on s’était engagés à revenir en septembre deux mille quinze.

Puis là, on a commencé à partager nos revenus. Fait que, pour nous, c’est là que ça a commencé pour vrai.

Ugo: C’est vraiment en septembre deux mille quinze que vous avez commencé à cohabiter ensemble. Vous avez commencé à partager vos revenus dans la maison mauve ?

Vincent: Oui, c’est ça. La maison Mauve, la maison d’Audrey à Bonaventure.

Ça a pris un an pour magasiner des terrains, des maisons dans le coin. Que l’on a choisi, la maison à Paspébiac. Où est-ce qu’on est en ce moment. 

Ugo: C’était quoi vos critères? Un peu, pour décider d’acheter cette terre en particulier. 

Vincent: On voulait que ça soit quand même proche du village, comme quatre kilomètres pour qu’on puisse s’y rendre à vélo.

On voulait aussi avoir assez de place pour faire des jardins. Et puis on ne voulait pas trop être proche des voisins pour se sentir un peu libre de faire nos choses sans avoir le regard des autres. C’est ça, on est la dernière maison sur le bout de la rue. En fait, on est content pour ça. Et puis c’est avoir assez de terrain, de la forêt pour faire nos projets de bois, de chauffage d’autosuffisance.

C’était ça nos critères. Et c’est sûr que notre choix s’est un peu formalisé à Paspébiac parce que c’était moins cher que dans d’autres villages de la baie des chaleurs. 

Ugo: Oui, ça vous a pris un an pour trouver cet emplacement parfait. En aviez-vous visité plusieurs avant ?

Est-ce que tu trouves que ça a été un processus qui a été long ? Étiez-vous désespérée ? Ou tout s’est bien fait. Et puis ça, ça coulait ? 

Vincent: Oui, on a visité vraiment beaucoup de places à ce moment-là. Puis ce n’était pas idéal, idéal, idéal comme choix. Parce que pour l’agriculture, il y a beaucoup de roches sur notre terrain.

Ce n’est pas peut-être pas la place la plus facile à travailler, mais en même temps, c’est ça. Après un an, il y en avait certains dans le groupe qui ont commencé à avoir hâte de déménager. On avait passé un été dans la maison mauve, où est-ce qu’il n’y a pas beaucoup de terrain, à faire nos documents. À faire des petits jardins, à se tourner les pouces. Mais là, on avait hâte que ça se concrétise.

Ugo:  C’est en deux mille seize que vous avez acheté la terre, puis que vous avez déménagé dans le fond.

Vincent: C’est ça, en octobre, de 2016.

Ugo: Et puis, est-ce qu’il y avait déjà une maison sur cette terre-là? Puis, si oui, est ce que vous l’avez rénové? Avez vous ajouté de quoi?

Vincent: Oui, il y avait une belle maison et puis on était quand même bien, c’était quand même le fun.

Parce qu’à ce moment-là, aussi, on était six. Fait que, ça aurait pu ajouter un stress supplémentaire. D’avoir à faire beaucoup de travaux en a fait un petit peu. Comme isolé, plus le son de certaines chambres, pour avoir un peu d’intimité. Puis en deux mille dix-neuf, on a doublé la superficie de la maison parce qu’on était 7 membres. On se pillait, un petit peu, sur les pieds.

Si on veut avoir plus de membres encore, il faut faire… Il faut faire une annexe. Agrandir la maison. Puis, en ce moment, on est bien, il y a plus d’espace commun, un bureau commun, ça respire mieux dans la maison. Surtout, en plus, on est moins membres maintenant, aussi, c’est sûr.

Mais on a encore une bonne capacité d’accueillir du monde. 

Stéphanie: Vous êtes combien en ce moment? Puis combien vous pourriez être au maximum en ce moment avec l’espace que vous avez ?

Vincent: En ce moment, on est juste trois. Comme, un peu, dans un creux, mais on attend deux autres membres à Noël prochain. On a déjà rencontré et tout. Puis l’été, on a beaucoup de visites.

On a des employés qui habitent sur place, des woofers. La limite de personnes. Je pense que, il y a huit chambres, dont quatre grosses chambres. On pourrait être au moins huit. Mais je pense que s’il y a des couples, mettons qu’on pourrait être douze. Mettons. 

Ugo: Dans votre vision. Vous aimeriez, comme, je pense, être entre douze et trente personnes?

Vincent: Ouais, c’est sûr, c’est un peu dans l’idée qu’on se dit : Ah, c’est après trente personnes, l’esprit de communauté va être plus dur à maintenir. Mais en même temps, je sais que c’est un pattern, un peu, que d’autres communautés ont. Ils arrivent toujours à être plus de membres que ça.

La communauté se tient et est cohérente. Il y a quand même un esprit de groupe et tout. À suivre. Mais c’est sûr que là, trente, c’est un peu loin. Je n’y pense pas souvent. On va voir rendu là.

Ugo: Il y a certainement un lien avec le nombre de personnes qu’il y a dans la communauté et la qualité des relations qu’on peut entretenir avec elles. 

Vincent: Oui, c’est vrai. 

Ugo:  Il y a le un nombre qu’un anthropologue a dit, à un moment donné. Que tu  ne peux pas être plus que cent cinquante personnes (150), puis, comme, entretenir un minimum de relations avec les gens.

Quand t’es plus que cent cinquante dans un village ou une communauté ben tu commence à… Il y a des gens que tu commences à ne pas connaître ou moins bien connaître. J’imagine qu’entre trente et cent, et entre dix et trente, t’a comme aussi un autre gap où, ben entre dix t’a vraiment plus de temps pour voir les dix personnes, te synchroniser avec elle puis tout ça.

Mettons nous ici à quatre vingt dix, ben, je veux dire, il y a des gens que des fois je ne vois pas souvent. C’est correct comme ça. Il y a des gens plus comme des amis, et il y a que c’est plus comme des connaissances, mais on a quand même cet esprit que, on va travailler ensemble tout ça. Mais le temps manque pour que je puisse souper avec tout le monde à tous les mois. 

Vincent: Oui, c’est clair que même la gouvernance, ça doit être pas mal différent à quatre vingt dix ou à trois comme on est ici. 

Ugo: Je sais que , on en reparlera tantôt, vous avez choisi le mode du consensus. Nous ici, je ne vois pas comment on pourrait faire ça parce que t’a une personne têtue qui pourrait bloquer tout, tout, tout.

Mais je comprends le processus que si tu bloques, il faut que je fasse partie de la solution. Tu te mets dans un comité, puis on va essayer de trouver une solution. Mais on essaie de réduire au maximum les temps de rencontre. Parce que dans le passé, il y en a eu beaucoup, beaucoup, beaucoup et les gens sont comme plus à, ben, je préfère aller prendre une marche dehors plutôt que de passer mon temps en rencontre. Fait que, souvent, il y a moins de consensus, mais il y a souvent un consentement.

Quand est-ce que vous avez fondé la ferme coopérative « Les Potagers Partagés » ? 

Vincent: Donc c’est ça, en 2016, c’est l’automne 2016 qu’on s’est établi ici. Fait que s’était vraiment l’été 2017, l’été d’après. De même que les champs commençaient à être ercés l’automne. Puis après les infrastructures, on les construisait à l’hiver 2017. Après ça, à l’été 2017, ça a commencé, la ferme. 

Ugo: Ça a vraiment été de 2016 à 2017, c’était très intense.Est-ce qu’à ce moment-là, c’était plus intense au niveau des relations personnelles ? Alors qu’il y avait plus de projets. J’imagine que vous mettiez plus d’heures de travail ?

Vincent: Oui, c’est c’est vrai que la première année, on n’était plus dans la théorie, dans les documents, dans les ententes. Et puis après ça, en 2016-2017, on est rentré plus que dans le concret, dans le travail etc. Mais en même temps si on était six membres. Il y avait du monde aussi avec des bonnes compétences, autant en construction, qu’en agriculture.


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